dimanche 18 août 2013

Le voleur d'images

Nous avons tous reçu la mise en garde qui dit qu’il faut se méfier des apparences. Ce qui est curieux, c’est l’usage très sélectif que nous faisons de ce genre de recommandation. Machiavel dans Le Prince, dit qu’il n’y a en ce monde que bien peu d’esprits perspicaces. La foule est crédule, elle se laisse aisément tromper, parce qu’elle croit dans les apparences qu’on lui offre et ne va pas plus loin.

En d’autres termes, le voleur d’image qui aime son sujet ne voient pas le trafic de l'image, il voit une personne aimable, qui mérite d'être aimée pour ce qu'elle est, et pas pour ce qu'elle devrait être, ni pour ce qu'elle voudrait être, et encore moins pour ce qu'elle voudrait paraître être.

Le terme d’illusion va encore plus loin, parce qu’il implique un jeu de dupe où le sujet se prend lui-même pris au piège de l’apparence en lui prêtant une réalité qu’il n’a pas. Ainsi les tendances mondaines du sujet, l’empêchent de se reconnaître et toute cette histoire d'image du voleur, ce ne sont que des complications du mental.

Nous sommes libres de comprendre à notre manière, mais on a beau faire, dès que l'on donne une certaine pérennité à une idée, une action, une décision, dès que l'on entreprend quelque chose, que l’on conçoit dans la durée, une certaine image de soi se forme en nous, involontairement, spontanément, qui correspond bien à notre manifestation…

Il faudrait ici, par esprit de soupçon, se méfier de la gentillesse et chercher une vilaine intention ; et là faire un effort de bonne volonté pour trouver le contraire de ce que l’on voit, en prêtant une bonne intention à celui qui affiche tout le contraire. 



B.B Strasbourg Août 2013

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