samedi 12 janvier 2013

Le fantôme amoureux

Pour les anciens sages, le souffle des corps à la capacité de nous emmener bien au-delà de nous-mêmes à conditions de trouver son âme sœur. En effet il faut être  deux pour être traversé par ce souffle. C’est la rencontre dans l’intimité de la chair et du vivant qui nous conduit vers cet état modifié de conscience élargie. Notre corps est vivant, il a une conscience. Tout bouge en permanence : la circulation du sang, la respiration, les organes. Nous sommes à la fois des corps qui pensent et des pensées qui s’incarnent dans le corps.

L’amour c’est l’essence de la vie, qui vous traverse par le mouvement du fantôme amoureux. C’est l’expérience corporelle qui génère le plus d’émotion sensorielle. Les sensations excitent, le désir se joue à fleur de peau, dans un jeu de cache-cache du visible et de l'invisible, dans le clair-obscur d'une intimité qui se laisse découvrir. Les sens sont amplifiés. Il y a accroissement de l’harmonie du couple dû à la connaissance de l’autre. L’entente devient parfaite, heureuse, et enfin apaisée car c’est une source authentique de joie, quand on rencontre l’âme sœur.

Se laisser traverser par le souffle des corps, c’est recevoir, puis donner. Il n'y a pas de don sans l'autre, et il n'y a pas d’harmonie sans coordination. La vie oscille comme un pendule de l’intérieur vers l’extérieur. Ainsi en déroulant le temps et l’espace, le fantôme amoureux ne veut pas dominer l'autre, briser une liberté, forcer une conscience, il veut simplement se rapprocher, se mêler aux moindres tressaillements, aux plus petits frissons, comme pour mieux convoquer l'impalpable et s'en faire le témoin ému.

Où que tu sois âme sœur, je suis prêt, maintenant à éprouver la fusion qui nierait la solitude des existences.

B.B Strasbourg 12/1/13
Photo inconnue 


Voyez aussi :

L’alchimie des souffles (Daniele Flaumenbaum le magazine de l’INRESS- Inexploré N° 16 )
Le Banquet, d'après Trad. Brisson édition G/F. (Platon - Discours de Diotime - la dialectique ascendante de l'amour)
Philosophie et spiritualité (les cours de Serge Carfantan)

9 commentaires:

  1. Je pense que cela dépasse le cadre des "sens". Domaine de l'humain et de la chair.
    Pas celui non plus d "une gémellité inopinée" vendue, souvent à prix d'or par des groupes sectaires qui cherchent à piéger les infortunés.

    Mon âme-sœur pour te donner un exemple, je la connais. Elle suit ma route depuis plus de deux ans. On se comprend toujours, surtout et même dans nos silences. Nous ignorons à la fois tout l'une de l'autre et en même temps nous savons tout. Sans nous juger.
    Parfois on se dispute mais toujours on se retrouve.
    C'est ma soeur-lumière. Elle n'attend rien de moi et je n'attends rien d'elle. Juste échanger nos rires et nos larmes. Gratuitement. Avec le plaisir de se savoir là et sans jalousie entre nous.
    Il ne faut pas à mon avis confondre amour et sororité d'âme. L'amour entre deux êtres c'est une toute autre alchimie...

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    1. Je ne suis pas persuadée que trouver CET Amour quasi "onirique" en la chair soit la réalisation de la quête.
      "Il s'offre en se dérobant" dis-tu...je pense que là est le JOYAU.

      Je vais être nettement moins poétique que ton texte et la beauté profonde et voluptueuse de ta réponse:

      Le reste,dans une union de la matière puisque pour l'instant nous sommes malheureusement sur terre, c'est au mieux ronflements à supporter et chaussettes sales à ramasser.
      C'est pour ça que c'est sublime le fantôme amoureux. Il est silencieux. Et quand il apparaît,qu'il s'offre dans un mot, une suggestion à l'Esprit, avant de se vaporiser à nouveau dans l’Éther, il ne fait pas d'histoire parce que tu rentres fatiguée du boulot et que tu passes tes repos devant l'ordinateur.
      (remarque que la réciproque est valable aussi, et qu'il m'arrive de beaucoup râler par pur égoïsme sur mon conjoint!)

      Quand tu parles des sens...oui, et ils sont plus nombreux que l'on croit, ce sont eux qui sont la VIE. L'expression du vivant.
      C'est pour cela que, comme les couleurs qui sont lumière, je les utilise beaucoup pour décrire mes ressentis.
      Amitiés.

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    2. Je précise quand même que les chaussettes, c'était une image...pour parler du quotidien.(hommes et femmes égaux dans un certain laisser-aller qui n'est pas toujours que ménager)
      Mais ce que je voulais surtout souligner, et je crois qu'il y a confusion,(je pense que tu parles du fantôme en soi et moi d'un fantôme hors-soi...) c'est qu'un Amour concret(isé) n'est plus un Amour idéal(isé).
      Et le plus bel Amour, celui qui ne meurt pas...c'est l'Idéal. C'est une aspiration, une quête, le Graal.
      L'autre tient plus du contrat, prenant terme à plus ou moins brève échéance. Se "métamorphosant" quand cela dure, en tendresse, en communauté de vie, en affection et complicité.
      C'était ça...l'image de la chaussette. Et surtout pas du féminisme exacerbé. Je suis une totale égalitaire!

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  2. c'est joliment dit.
    c'est ce que je nomme.. la fusion des sensualités.

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  3. Beau texte sur la quête de l'âme soeur...

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  4. C'est d'une grande beauté. Souhaitons à tous de trouver l'âme soeur.

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  5. Où que tu sois âme sœur, je suis EST prêt, maintenant à éprouver la fusion qui nierait la solitude des existences.GRATITUDE, co~libri

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    1. j'apprécie la délicatesse de votre plume, Bel oiseau <3

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  6. C'est une beauté que de savoir écrire ainsi Bruno.

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